Bon an, mal an nous réalisons plus de la moitié de notre chiffre d'affaires dans le domaine de la rénovation du patrimoine ancien. Si, dans un pays aux riches heures historiques, l'abondance de l'offre pourrait suffire à expliquer notre orientation, les raisons de notre préférence - vieille d'un quart de siècle à présent - se situent ailleurs, entre coeur et passion. Chaque château, chaque église, chaque pigeonnier de campagne nous oppose son caractère, parfois difficile, et son lot de pathologies liées au grand âge, mais ils apportent autant de leçons, de plaisirs, de récompenses. Nous les égrenons comme autant de perles : les belles tuiles plates au château de Loubens ou au pigeonnier du Mirail ; les habillages en plomb des gargouilles de la cathédrale St.-Etienne ou des lucarnes du château Gaspard ; les lauzes d'un pajar - d'une grange à paille - en Haut Aragon faisant écho aux parois de Nisclo ; les ardoises rugueuses comme des coquilles d'huîtres dans les hautes vallées ariégeoises...
Par la variété des expériences qu'elle procure, la rénovation est incomparable. Mais c'est dans l'équilibre entre sentiments opposés qu'elle se montre le plus riche : concilier l'orgueil de travailler sur les plus beaux monuments et l'humilité qui vient de la nécessité d'inscrire ses gestes dans une tradition éprouvée, façonner les plus beaux matériaux mais dans le but de se fondre dans un ensemble, rendre vie et santé à un bâtiment prestigieux mais dans la conscience de l’éphémérité de sa contribution. Nous en tirons des ressemblances avec notre credo coopératif : faire partie d'une oeuvre commune qui dépasse l'individualité, s'inscrire dans la durée...